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Compte-rendu: Distant Worlds ~ Music from Final Fantasy

Par le 9 déc 2012 | |

C’est samedi soir dernier que s’est arrêtée pour la première fois à Montréal la tournée Distant Worlds: Music from Final Fantasy de Nobuo Uematsu et Arnie Roth, respectivement compositeur et chef-d’orchestre. Accompagnés d’une centaine de musiciens (vous avez bien lu, une centaine!) formant pour l’occasion la Distant Worlds Philharmonic (qui est, j’imagine, le nom donné à l’orchestre composé de musiciens locaux et formé spécialement pour ce seul concert). Étant un fan invétéré des jeux depuis mon enfance, je ne pouvais manquer l’occasion d’enfin assister au concert que je rêvais de voir depuis une douzaine d’années.

Ayant eu la chance d’assister au spectacle, ce que je vous offre aujourd’hui c’est un compte-rendu de cet évènement spécial, du point de vue non pas d’un critique musical, mais bien d’un grand enfant qui allait voir pour la première fois l’une de ses idoles.

Le concert a débuté avec un medley de différentes pièces des Final Fantasy I, II et III, incluant notamment le thème principal de la franchise, magnifiquement interprété à la harpe. C’est bien parti! Ensuite, on a eu droit à un premier grand classique, qui soit dit en passant est ma favorite d’entre toutes les compositions de Nobuo Uematsu, soit To Zanarkand (FFX). Le concert venait à peine de commencer et je pouvais déjà sentir l’eau qui me montait aux yeux… L’interprétation ici était magnifique et je ne m’attendais à rien de moins. Par la suite, ils ont enchaîné avec ce que je pense être une surprise, dans la mesure où je ne savais pas que Distant Worlds avait une chanson de Final Fantasy XII dans son répertoire, Uematsu n’ayant composé qu’une seule chanson pour FFXII. La chanteuse Susan Calloway s’est donc présentée une première fois sur scène pour interpréter ladite chanson; Kiss Me Goodbye. La pièce suivante m’a franchement fait plaisir, une des compositions les plus marquantes de la trame de Final Fantasy VIII; The Man With the Machine Gun, ou la battle-song lorsque le joueur incarne Laguna. L’originale était déjà excellente, mais c’est incroyable comment un orchestre peut la transformer et la rendre encore 10 fois meilleure. Une chose est certaine, les musiciens ne devaient pas avoir joué ce type de morceau bien souvent, parce qu’elle était vraiment plus dynamique et up-beat que toutes les autres pièces. Et pourtant, on sentait presque qu’ils avaient vraiment du plaisir à la jouer! Pour les deux compositions suivantes, on nous a présenté un jeune guitariste local (Jérôme Ducharme) qui allait se joindre temporairement à l’orchestre pour interpréter Dear Friends (FFV) et Vamo’alla Flamenco (FFIX), compositions qui, semble-t’il, ne sont généralement pas jouées souvent lors de la tournée (possiblement parce que ce type de guitariste ne court pas les rues?). Il nous a offert une superbe performance avant de finalement quitter la scène pour faire place au retour de la chanteuse Susan Calloway et à son interprétation, en anglais, de la chanson finale de Final Fantasy X.

Vous vous souviendrez peut-être qu’à l’origine, Suteki Da Ne était chantée en japonais, et ce même dans la version américaine du jeu. Si la traduction des paroles en anglais n’a pas inutilement dénaturé la chanson, la prononciation un peu spéciale du titre non-traduit par Mme Calloway est venu porter un peu ombrage à une performance qui avait tout pour être épique. Parce que soyons honnête, « Suteki Da Ne » est loin d’être une expression difficile à prononcer dans un japonais correct, malheureusement on aurait dit que personne n’a jamais indiqué à Calloway que « Sou-té-ki Dâh Nay » n’était pas la bonne façon… Ceci dit, ce micro-malaise ne dure que quelques secondes au maximum, et n’a sûrement affecté que ceux qui s’y connaissent un peu en japonais. Comme c’est probablement passé inaperçu aux oreilles de la majorité de l’auditoire, passons.

Après est venu le tour de l’infâme Final Fantasy XI, jeu auquel je n’ai que très peu joué, ce qui ne m’a pas empêché de me rappeler de bons (et moins bons!) souvenirs en écoutant Ronfaure. Grâce à l’orchestre symphonique on a eu droit encore une fois ici à une version bien plus impressionnante que l’originale. Pour clore la première partie, on nous a offert un deux-dans-un; un extrait de la nouvelle musique des chocobos composée par Uematsu pour Final Fantasy XIV, et pour finir le classique Swing de Chocobo (FFX). S’en est suivi une intermission d’une vingtaine de minutes, durant laquelle j’ai réalisé que depuis les premières notes de la soirée, je souriais comme un gamin le matin de Noël. Je passais un TRÈS beau moment, ils avaient déjà joué quelques-unes de mes favorites, mais j’étais très loin de me douter qu’il n’avait fait que mettre la table pour une deuxième partie qui allait être encore plus grandiose.

Au retour de l’entracte, quoi de mieux qu’une première composition du fameux Final Fantasty VII pour repartir le bal! La douceur des premières notes de Opening ~ Bombing Mission, et sa transition vers une symphonie au ton menaçant en font une introduction parfaite pour la deuxième moitié du spectacle. L’orchestre a tout de suite enchaîné avec un autre classique du 7e opus, Aerith’s Theme. Et là, c’était tout un test pour les coeurs sensibles et nostalgiques… La performance des musiciens ici semblait toute aussi chargée émotionnellement que la mélodie originale pouvait l’être. C’est cette mélodie qui m’aura arraché une première larme (que voulez-vous, je suis un émotif ET un nostalgique). Par la suite, une nouvelle surprise nous attendait alors qu’on nous a offert la seule composition de la soirée qui n’est pas une création de Nobuo Uematsu, soit Blinded by Light, ou la Battle Theme de Final Fantasy XIII. C’était une belle surprise, malgré que je dois avouer avoir eu de la difficulté à la reconnaître par moments. Le thème final de Final Fantasy IX a suivi; A Place to Call Home – Melodies of Life, encore une fois accompagnée de la voix de Susan Calloway. Sans être une  véritable déception, je dois dire que je me suis surpris à constater à quel point cette chanson a des sonorités similaires aux grands thèmes de Walt Disney… On était pas si loin d’un « A Whole New World » (Aladdin), et j’ai trouvé le rapprochement un peu déconcertant. Après avoir interprété une version fraîchement revampée de Theme of Love (FFIV), c’était maintenant l’heure du moment que j’appréhendais le plus: l’opéra.

Arnie Roth nous a présenté deux chanteurs et une chanteuse qui venait interpréter une version opéra symphonique de Opera « Maria and Draco » (Final Fantasy VI), une composition épique de 12 minutes qui m’aura fait passer par toute la gamme des émotions. C’est sans hésitation que je vous affirme que c’était mon meilleur moment de la soirée, je ne crois pas avoir jamais été aussi ému par une performance musicale. C’était tout simplement magnifique. La dernière minute de la pièce était si épique qu’aussitôt la dernière note jouée, pratiquement toute l’audience s’est levée d’un trait pour ovationner longuement les trois interprètes et l’orchestre. Ce qui d’ailleurs a semblé impressionner non seulement le chef-d’orchestre, mais aussi certains musiciens qui vraisemblablement ne s’attendaient pas à une manifestation aussi bruyante.   Dans un monde où Final Fantasy VII n’existe pas, « Maria and Draco » aurait été la finale parfaite pour le concert, j’en ai encore des frissons simplement qu’à y repenser… Mais One Winged Angel étant le phénomène qu’il est devenu, on se doutait bien qu’on ne quitterait pas la salle avant de l’avoir entendue. Donc après nous avoir joué Terra’s Theme, tout en projetant sur l’écran géant le générique de l’équipe artistique et technique de Distant Worlds, Roth a quitté la scène sous les cris de l’auditoire qui demandait déjà un rappel.

Il ne restait qu’une pièce à jouer, et tous savaient ce qui s’en venait… À son retour sur scène, Arnie Roth nous souligne deux évidences. Premièrement, la dernière pièce de la soirée était One Winged Angel (tel qu’anticipé par à peu près tout le monde), sauf qu’il n’y a toujours aucune chorale sur scène… On nous annonce que c’est donc l’audience qui aura le beau rôle pour clôre la soirée! Si chanter en latin n’est pas donné à tout le monde, Arnie Roth y est allé d’une troisième et dernière évidence… : « There’s only one word you really need to know anyway, right? ».

Plus de 2000 personnes qui tous en coeur entonnent « Se-phi-roth », c’est avec ce dernier moment magique que la soirée s’est terminée.

Setlist

Distant Worlds: Music From Final Fantasy
8 décembre 2012, Salle Wilfrid-Pelletier (Place des Arts),
Montréal, Québec, Canada
  • Final Fantasy Medley (FFI, FFII, FFIII)
  • To Zanarkand (FFX)
  • Kiss Me Goodbye (FFXII)
  • The Man With The Machine Gun (FFVIII)
  • Dear Friends (FFV)
  • Vamo’alla Flamenco (FFIX)
  • Suteki Da Ne (FFX)
  • Ronfaure (FFXI)
  • Chocobo Medley (FFXIVFFX)
  • —- Entracte —-
  • Opening – Bombing Mission (FFVII)
  • Aerith’s Theme (FFVII)
  • Blinded By Light (FFXIII)
  • Melodies of Life (FFIX)
  • Theme of Love (FFIV)
  • Opera « Maria and Draco » (FFVI)
  • Terra’s Theme (FFVI)
  • —- Rappel —-
  • One Winged Angel (FFVII)
Comme vous l’avez peut-être constaté, des pièces de chacun des 14 principaux Final Fantasy auront donc été jouées, en tout ou en partie. Une partie de moi aurait souhaité pouvoir entendre Liberi Fatali (FFVIII), mais en l’absence d’une chorale je peux comprendre pourquoi elle a pu être écartée. À défaut de Liberi Fatali, j’aurais préféré qu’ils laissent de côté Melodies of Life pour la remplacer par Eyes on Me (FFVIII),  mais semble-t’il que c’est le public de Chicago, la veille, qui a gagné à cette loterie. D’ailleurs, noter les différences importantes entre les deux setlists (au bas de la page). Franchement, je préfère le nôtre. Bien sûr j’aurais adoré entendre Don’t Be Afraid (Battle-Song, Squall dans FFVIII), mais comme de notre côté on a eu droit à celle de Laguna je peux vivre avec ce choix.

Même si tout n’était pas parfait, on a eu droit à un méchant beau spectacle… c’est une expérience dont je me souviendrai toute ma vie. Vraiment, la seule façon pour moi de passer un meilleur moment, ça aurait été de bénéficier de la chance de notre ami Liguinii qui, par pur hasard, s’est retrouvé assis à quelques sièges seulement de la légende lui-même, Uematsu-san. Maudit chanceux!

En terminant, souhaitons tous collectivement un bon anniversaire à Final Fantasy, qui célébrera les 25 ans de la sortie du premier opus le 18 décembre prochain!

7 réponses:

  1. Joossy

    Super article. Ça décrit bien ma soirée à moi aussi ;P

    Bien que je n’ai pas joué à tous les Final Fantasy, j’ai aussi constaté un vide important du côté de FFVIII. Seulement, pour avoir écouter l’interprétation de Don’t be Afraid sur le premier album de Distant Worlds, la trame est presque identique à celle de la soundtrack du jeu. Je préfère avoir entendu à la place The Man with the Machine Gun, quoi que je suis déjà biaisée par la Battle Theme de Laguna…

     

  2. MidnighT-WolF

    Les regrets continuent de m’envahir quand je te lis et que je constate tout ce que j’ai manqué et quand je fais le parallèle avec le concert de Zelda (lui je l’ai pas manqué) j’imagine que trop bien comme ça devait être épique. En plus je te comprends que trop bien quand tu parles d’émotivité et de nostalgie, pour le concert de Zelda j’avais les yeux plein d’eau trop souvent, moi quand je vois des beaux moments (TV, film, musique) je pars assez facilement. Prochaine fois qu’ils reviennent (je vais prier pour qu’ils reviennent avec l’accueil que vous leur avez donné), je suis là assurément peu importe les circonstances qui me bloqueront.

     

  3. Liguinii

    Que dire de plus. Très bon résumé Fireaxe!

    C’était un enchantement du début à la fin et je n’étais pas trop loins des larmes non plus pendant les représentations de Zanarkand et Suteki Da Ne. Noel 16 jours avant!

    Loins d’être déçu par la sélection, j’aurais quand même aimé écouter Not Alone, ou bien Liberi Fatali. On ne peux pas gagner à tout les coups et ça me feras une bonne raison d’y retourner quand ils reviendront (je touche du bois).

    Nobuo, un peu plus et je le touchais! C’est 7 ans de chance, il parait :D

  4. Joossy

    Avec des bas blancs avec des gougounes, ca double la chance !! (Oui oui, jai bien vu ce quil portait malgre la distance…)

  5. Choy

    Avoir grandi avec Final Fantasy, j’aurais sûrement trippé à assister à un concert de ce genre. Ton article est éloquent!

    À quand un concert symphonique de Capcom? Ah oui c’est vrai : il va falloir acheter les DLC pour assister au concert au complet…

  6. Nomadesse

    Magnifique, que j’aurais donc aimé y être! Toutes des musiques que j’aime tellement (des jeux aussi!) Uematsu-san est un grand compositeur, qui sait si bien transmettre l’émotion. J’ai beaucoup apprécié ce qu’il a fait pour l’animé de Guin Saga aussi.
    Et je suis d’accord avec toi, je préfère Eyes on Me également. Mais avouons que la plus jolie des chansons avec voix de FF est Suteki da ne. Ils ne l’ont jamais battu, celle-là. Les paroles sont très inspirantes aussi: un peu à l’image de la nature japonaise, toutes en nuances. J’adore la chanter, mais je ne suis pas sûre que j’aurais aimé l’entendre avec un japonais déficient… Sauf pour tenter de deviner l’expression de Uematsu-san pendant l’interprétation! ;)

  7. Fireaxe

    Merci du commentaire! En fait, c’est Uematsu-san lui-même qui a sélectionner Susan Calloway comme interprète principale pour la tournée Distant Worlds… Donc on doit assumer qu’il était déjà au courant de son japonais approximatif. :P

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